Aller au contenu
Église Chaldéenne Catholiqueen Suisse

Quand la terre attend la pluie

Publié le 17.09.2026 — Abbé Naseem Asmaroo

.

Il est des étés où la terre semble retenir son souffle. Cet été, la sécheresse qui a marqué nos terres nous a rappelé combien la vie dépend de l’eau. Même les bulletins météo semblent parfois avoir du mal à suivre : les averses annoncées se dérobent, les prévisions changent, tandis que l’herbe jaunit et que le sol se fissure. Puis, un jour, la pluie tombe. Elle ne fait pas disparaître d’un coup les effets de la sécheresse, mais elle réveille la terre. Ainsi en va-t-il parfois de nos vies.

Nous connaissons des saisons de sécheresse intérieure : l’attente qui s’éternise, l’épreuve qui épuise, le silence qui semble répondre à nos prières. Persévérer ne signifie pas avancer sans fatigue ni doute. C’est choisir de continuer, même lorsque le fruit de nos efforts demeure invisible. Philosophiquement, c’est rester fidèle à ce qui donne sens à notre existence lorsque les circonstances semblent nous en détourner.

La Bible donne à la persévérance une profondeur particulière. Elle n’est pas seulement volonté, mais confiance et espérance. « Ceux qui espèrent dans le Seigneur renouvellent leur force » lisons-nous dans le livre d’Isaïe (40,31). La foi invite à croire que la sécheresse n’est pas le dernier mot de l’histoire. La pluie peut venir, parfois sous une forme inattendue, parfois lorsque tout semblait nous inviter à renoncer.

Persévérer, c’est demeurer ouvert à l’espérance. Comme la terre attend l’eau, l’être humain peut choisir de ne pas fermer son cœur. Il continue de semer, d’aimer, de croire et d’avancer. Et lorsque la pluie tombe enfin, il découvre que, sous la poussière et les fissures, la vie n’avait peut-être jamais cessé d’attendre.

Tous les articles