Pacifique : un mot, deux visions
Publié le 13.01.2026 — Journal 24 Heures, Abbé Naseem Asmaroo
Le mot « pacifique » porte des significations riches et contrastées, selon qu’il est envisagé dans un cadre spirituel ou politique.
Dans la Bible, il incarne une attitude spirituelle et morale élevée. Jésus, dans les Béatitudes, proclame : « Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés fils de Dieu » (Mt 5,9). Ici, être pacifique va bien au-delà de l’absence de conflits. Cela exige une action active pour promouvoir la réconciliation, la justice et l’harmonie, guidée par un amour pur. Ce concept s’inscrit dans une recherche de paix, tant intérieure qu’extérieure, un idéal transcendant qui pousse à établir des relations harmonieuses.
En revanche, dans les discours politiques, « pacifique » revêt une dimension pragmatique et stratégique. Un président américain déclarait récemment : « Nous voulons un avenir pacifique, mais un avenir pacifique exige de la force et de la vigilance ». Dans ce cadre, la paix est un objectif conditionné par des équilibres de pouvoir, nécessitant prudence, négociations fermes et parfois démonstrations de force. Cette vision repose sur des dynamiques de diplomatie et de puissance, éloignées de l’idéal spirituel d’amour et de justice.
Si la Bible voit dans la paix un appel à la transcendance, la politique y voit alors un enjeu stratégique dans un monde compétitif.
Et si, au-delà de ces deux visions, la véritable question était : comment chaque individu peut-il contribuer à une paix qui soit à la fois intérieure et collective, spirituelle et pragmatique, dans un monde en quête d'équilibre ?
Que la paix soit avec nous !